Virginie Draelants
22 October 2024
Soixante-cinq années d’une éblouissante carrière dans le domaine du design et de la création de mobilier d’art, cela se fête ! Né Adolphe Pelsener à Molenbeek-Saint-Jean en 1928 et résidant toujours à Bruxelles, Ado Chale voit son œuvre couronnée cet automne par une très belle rétrospective dans les écuries de l’Hôtel Solvay. L’artiste autodidacte, globe-trotter et électron libre devant l’éternel, n’a jamais souhaité lier son nom à un mouvement. Il est, en revanche, resté fidèle à son mantra : “Sublimer la nature”, comme en témoigne la gemmologie au cœur de ses créations. De ses voyages en France, en Allemagne, en Arizona, en Inde, en Afghanistan, au Pakistan ou encore à Madagascar, Ado Chale a rapporté de sublimes minéraux qui ont nourri sa création : quartz, calcédoine, lapis-lazuli, jade, turquoise, rhodochrosite, améthyste… Ses premières réalisations datent du début des années 1960. Il réalise ses premières tables en ciment incrustées de marcassite ramassée sur les plages du Pas-de-Calais avec son épouse d’alors, Huguette Schaal, qui est gemmologue et lui fait découvrir la minéralogie. À deux, ils ouvrent une première galerie, rue de Livourne, à Bruxelles.
Détail de table en bronze modèle Goutte d’Eau et table en mosaïque de malachite. © GILLES VAN DEN ABEELE
Meuble entièrement recouvert d’une mosaïque de schiste. © GILLES VAN DEN ABEELE
“Préférant sa solitude aux écoles, mon père a réalisé ses folies, ses merveilles, en prospectant son propre terrain, en chinant dans la nature, confirme sa fille Ilona. Avec son frère Pierre Barbion-Chale, artiste et créateur marchant dans les pas de son père, elle veille à perpétuer et archiver l’œuvre d’Ado Chale. “Ses joyeuses découvertes jaillissaient comme une source, des falaises ou des plages, témoigne-t-elle. Ce pur intuitif a donné corps à ses projets en symbiose avec la matière. C’est dans cet état brut, cet état pur qu’il a transmis ses émotions.”
“Amant de la géologie”, comme le qualifiait le critique d’art Hugues Vehenne, l’artiste a très vite marié à la pierre bien-aimée la fonte de bronze ou d’aluminium polie dans son atelier… jusqu’à révéler les imperfections qui en font la beauté et suscitent l’émotion. Des matières premières aussi rares et fragiles ne peuvent que donner naissance à des pièces uniques. Aujourd’hui, les collectionneurs se les arrachent. “Ado Chale est devenu l’un des designers les plus recherchés et présents, tant en galerie que désormais aux enchères”, assure-t-on chez Drouot. À vérifier in situ lors de la très belle rétrospective dans les écuries de l’Hôtel Solvay.
Table en bronze et malachite sur pieds biomorphes. © GILLES VAN DEN ABEELE
1928 : naissance à Bruxelles, le 18 mars
Fin des années 1950 : il découvre la minéralogie lors d’un voyage en
Allemagne
1962 : ouvre une première galerie, rue de Livourne, à Bruxelles ; Adolphe Pelsener devient Ado Chale
1965 : la galerie déménage dans un hôtel particulier de l’avenue Louise
1967 : Chale expose dans le Pavillon de l’Europe à l’Exposition universelle de Montréal
Fin des années 1960: il part en quête de pierres semi-précieuses aux quatre coins du monde
1979 : expo au Palais Galliera à Paris
1987 : expo au Palais des papes
Fin des années 1990 : nouvel engouement pour l’esthétique seventies
2000 : rencontre entre Ado Chale et le galeriste Yves Gastou
À partir de 2005 : l’artiste se concentre sur ses créations en bronze et en aluminium
Photo de couverture : Ado Chale devant l’une de ses tables en aluminium poli miroir, modèle Lunaire. © GILLES VAN DEN ABEELE
Rétrospective
Expo rétrospective Ado Chale
Dates
Du 18 octobre au 16 novembre 2024
Adresse
Écuries de l’Hôtel Solvay
27 rue Lens
1050 Bruxelles
Site
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