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Dans la Cour des Grands : Moi, Franz, prince royal et homosexuel

Dans la Cour des GrandsMaison de WittelsbachPortraitThomas de Bergeyck

Thomas de Bergeyck

07 April 2023

J’aime me prendre à rêver dans ce monde qui va si vite. Et si un jour une altesse homosexuelle s’emparait d’un trône ? Un roi, une reine ouvertement gay ou lesbienne. La société serait-elle prête à l’accepter ? On dit tant que l’amour triomphe de tout. Peut-il forcer les lanières si serrées du destin royal ?

Il y a quelques mois, j’ai été pris par l’émotion en apprenant qu’un prince allemand, chef d’une famille prestigieuse avait fait son coming-out à l’âge vénérable de 88 ans. Le duc Franz de Bavière, l’oncle de la princesse Sophie de Liechtenstein, est le descendant de Louis III, issu des empereurs du Saint-Empire, d’Autriche des rois de Grande-Bretagne et de France. Sa famille, les Wittelsbach, a donné à notre royaume une reine, Elisabeth, épouse d’Albert Premier, au début du 20e siècle.  Un pedigree comme peu peuvent prétendre. Mais finalement, qu’importe. Ce que je retiens de cet homme, c’est que le corset infiniment étriqué de son milieu l’a privé d’un amour partagé avec celui qui, pourtant, est dans sa vie depuis plus de quarante ans : le docteur Thomas Greinwald. Il est l’homme de sa vie, son compagnon, son alter ego.

Franz de Bavière avec le roi Albert II et de Reine Paola à Munich, lors d'une visite d'état en Allemagne, en 2011 © Photo News

C’est Thomas qui a poussé le Duc à raconter sa vie dans un livre autobiographique, Le spectateur du premier rang, dans lequel il consacre un chapitre à son amoureux. Il aura fallu toute la persuasion de ce vénérable médecin, qui veille aussi quotidiennement sur sa santé, pour que ce chef de famille décide, à presque 90 Printemps et quatre décennies de secret, de faire son coming-out. Il n’a jamais cru que la société serait prête un jour à l’accepter. La noblesse, passe encore. Mais une famille royale !

 
 

Comment Franz de Bavière a-t-il pu si longtemps taire cet amour, au point de ne se contenter que des weekends avec lui, loin du bouillonnement des palais, à Garmisch, dans la résidence du docteur, pour vivre leur passion, partager la musique qu’ils affectionnent tant, et l’amour de l’art ? L’aristocratie est-elle à ce point en retard sur la course de notre planète pour faire l‘impasse sur des évidences ? Dans toutes les familles de notre noblesse belge, comme dans la société d’ailleurs, il y a des hommes qui aiment d’autres hommes et des femmes qui préfèrent les femmes. Mais combien sont-ils/elles à se cacher encore, au nom de la bien-pensance ? Qui a osé défier les traditions ? Le duc de Bavière, du haut de son âge vénérable, est peut-être parvenu à faire tomber un tabou. Lui qui est né en 1933 dans l’Allemagne de l’entre-deux guerres. Lui qui était promis à une vie de règles et de pesanteurs de palais. J’espère que c’est parce que le monde a changé, et qu’enfin, il en a ressenti le vent de la modernité. Franz et Thomas, désormais, ne se cachent plus. Pour eux, peut-être, la vie va-t-elle enfin commencer …

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