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Manger pour positiver : l'assiette et nos émotions

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Sylvie Dejardin

06 February 2023

Le docteur Stéphane Résimont, expert en médecine fonctionnelle et anti-âge, nous éclaire sur le lien intime qui lie l’assiette aux humeurs

Composé de milliards de neurones qui communiquent entre eux grâce à des substances chimiques appelées “neurotransmetteurs”, le cerveau est le centre de contrôle de nos émotions. De nombreux facteurs, comme l’alimentation, influencent la production et la libération de ces molécules, ce qui impacte positivement ou négativement les ressentis de chacun.

L’Éventail – Quels sont les principaux neurotransmetteurs? Quel est leur rôle? Peut-on les mesurer? Et comment conditionnent-ils nos humeurs ?
Dr Stéphane Résimont – De manière synthétique, nous pouvons schématiser les neurotransmetteurs en deux catégories. D’une part la dopamine et la noradrénaline qui sont des “accélérateurs” ; d’autre part, la sérotonine, la mélatonine et le GABA (acide gamma-aminobutyrique) qui pourraient être comparés à des “freins”. Si vous n’avez pas un équilibre entre ces neuromédiateurs, plusieurs symptômes peuvent apparaître. Un déficit en sérotonine se traduit par des troubles du sommeil, des pulsions sucrées et boulimiques, surtout en fin d’après-midi, un stress chronique apaisé par un verre d’alcool ou par la cigarette, par exemple. D’autres signes sont typiques de ce genre de carences: irritabilité, anxiété, tendance suicidaire, etc. Le manque de mélatonine, quant à lui, se distingue par des difficultés à l’endormissement, des réveils précoces, une absence de rêve, ce qui favorise le développement de maladies neurodégénératives comme Alzheimer. Une personne qui présente un déficit en GABA sera stressée, nerveuse, ruminera tout le temps et aura d’énormes difficultés à se détendre. Le déficit en dopamine se caractérise par de l’indifférence, une absence de joie de vivre, de la démotivation, un repli sur soi, des troubles de l’attention… Enfin, un patient en manque de noradrénaline sera fatigué, apathique, indifférent, déprimé, aura du mal à sortir de son lit.

Outre le questionnement du patient qui donne une foule d’informations, ces neuro- transmetteurs peuvent être mesurés dans les urines. Mais les ressentis du patient sont beaucoup plus fiables. Il est triste de constater que les antidépresseurs, anxiolytiques et autres somnifères sont encore très souvent prescrits pour réduire ces symptômes, alors qu’il s’agit de rétablir ce déséquilibre par l’alimentation, voire par quelques compléments.

– L’intestin joue un rôle essentiel dans l’humeur. Comment expliquez-vous cela ?
– L’intestin est au cœur de la santé émotionnelle. Il héberge des milliards de bactéries qui produisent, entre autres, des neurotransmetteurs et donc influencent l’humeur. La dépression commence aussi dans un intestin en dysbiose. Notre “deuxième cerveau” joue un rôle majeur sur nos émotions. Le microbiote intestinal peut être altéré par de nombreux facteurs, comme les antibiotiques, le stress, la malbouffe, l’alcool, certains médicaments dont les IPP (contre le reflux gastrique), etc. Il y a un lien de cause à effet entre l’altération du microbiote et les syndromes dépressifs, les insomnies, la démence, l’anxiété… Un intestin perméable ou leaky gut syndrom est la genèse de problèmes psychologiques. Il est essentiel de soigner son alimentation, de gérer son stress et de diminuer l’inflammation, source de toute maladie.

Fit young woman fighting off fast food

– Comment l’alimentation influence-t-elle nos émotions ? Comment être plus heureux, serein et dynamique ?
– L’alimentation fournit à notre corps les nutriments et micronutriments indispensables au fonctionnement de notre système endocrinien. Les protéines, consommées en suffisance et au bon moment, en matinée surtout, permettront d’apporter les briques de construction nécessaires à la fabrication de nos hormones et des neurotransmetteurs. Un petit-déjeuner idéal se compose d’œufs, de poisson gras, de jambon, de houmous, amandes, noix, mais aussi de légumes, de fruits entiers. Le lunch se calquera sur la même idée. Évitez les féculents type pain, pâtes, riz blanc, pommes de terre et privilégiez le quinoa, les lentilles, les pois chiches, les céréales germées pour leur richesse en fibres, indispensables à un microbiote en pleine santé. Le soir, il est préférable de limiter, voire d’évincer les protéines car elles maintiennent l’éveil et la production de dopa-mine/noradrénaline. Les oméga-3 qui font partie de la famille des lipides, sont eux aussi essentiels au bon déroulement des opérations. Grâce à leur effet anti-inflammatoire et à leur impact sur la fluidité des membranes des cellules, ils permettent une bonne communication entre elles. Donc, au quotidien, huile de colza, de lin et, deux à trois fois par semaine, sardines, anchois, maquereaux, harengs…

– Quels sont les erreurs qui affectent notre vitalité et notre bien-être ?
– Les féculents industriels, les viennoiseries, la confiture, le choco, le sandwich “thon mayo” le midi, les repas du soir trop riches en glucides qui font grossir et plombent le moral. Le gluten, poison moderne, et les produits laitiers, tous deux ennemis d’une bonne santé intestinale, favorisent l’inflammation. Enfin, la sédentarité, le syndrome du canapé, fléau du XXIe siècle. Je conseille quatre à cinq fois par semaine une marche rapide d’au moins 45 minutes pour avoir un effet bénéfique. Le sport est aussi essentiel à une bonne santé émotionnelle que ce que nous mangeons.

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