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Smissenbroek : la nature en partage

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Christophe Vachaudez

21 March 2025

Un diplôme d’agriculture biologique en mains, Isabelle d’Ursel a repris les rênes de la propriété familiale de Smissenbroek, un changement de vie radical et un retour aux sources, au service d’une nature généreuse qu’elle a souhaité partager avec le plus grand nombre.

Elle nous expose ses objectifs et ses idées pour assurer la pérennité et la continuité du domaine que ses parents avaient hérité en 1983. Si la drève de chênes des marais conduit au château qui fut reconstruit en 1950 après un incendie, l’intérêt de l’ensemble réside dans le parc, son lac, ses bois, ses vergers et son potager, un patrimoine qu’elle fait vivre au quotidien.

Le grand potager où fleurs et légumes se mélangent joyeusement fait face à l’orangerie. © Smissenbroek

L’orangerie du domaine accueille nombre d’activités dont des dîners animés par de grands chefs. © Smissenbroek

L’Éventail – Pourquoi avoir choisi de vous installer à Smissenbroek après New York et Paris ?
Isabelle d’Ursel – Nous avons beaucoup aimé vivre à Paris et à New York où je travaillais pour une fondation philanthropique. En 2020, le Covid nous a contraints à rentrer en Belgique et, finalement, nous n’avons plus quitté Smissenbroek. Mon époux et moi-même avions toujours eu l’idée d’un projet en rapport avec la nature et il semblait que le moment était venu de le concrétiser. Nous ne pensions pas le mener à bien si tôt et ici, mais nous avons saisi l’opportunité.

© Smissenbroek

© Smissenbroek

– L’intérêt pour la nature et les jardins n’est-elle pas, finalement, une tradition dans votre famille ?
 En effet, ma grand-mère, Ferdinanda d’Ursel, était une passionnée qui a transformé les jardins de son château de Hex, dont mon oncle Ghislain prend soin aujourd’hui. Et puis, mes parents étaient tous deux paysagistes. Ma mère, Marie d’Ursel, l’est toujours et fut instrumentale pour l’aménagement du parc. Elle continue à m’aider énormément. J’ai beaucoup appris grâce à eux. Quand ils sont arrivés au château, l’étang était à l’abandon et le jardin avait été loué à une pépinière de plantes aromatiques. Il a fallu tout repenser, et les plantations ont commencé. Tout continue depuis lors, puisque, chaque année, nous ajoutons plus de 2000 arbres, arbustes et plantes vivaces. Cet automne, nous avons aussi planté plus de mille bulbes de tulipes botaniques et de narcisses dans la prairie qui descend vers le lac, à l’arrière du château, avec l’équipe de bénévoles de Smissenbroek. Autrefois, on comptait plusieurs étangs visibles sur la carte de Ferraris (1770-1778) mais certains ont été asséchés. Malgré tout, le terrain demeure très humide et une partie du bois est sous eau, ce qui nous a poussé à y mettre des aulnes.

Trois tisanes concoctées avec les plantes du jardin sont proposées à Smissenbroek. © Smissenbroek

Le jus de pommes, parfois marié aux coings ou aux fruits du cornouillers, fait partie des produits disponibles au domaine. © Smissenbroek

– Quel est votre objectif à Smissenbroek ?
 Nous sommes avant tout un domaine agricole, mais l’objectif premier était de créer une plate-forme agroécologique et de montrer à un public intéressé quelles étaient les possibilités du terroir belge. Pour l’instant, nous ne cultivons pas de grandes surfaces mais nous pratiquons une agriculture écologique, bio et régénérative. En fait, nous n’avons plus labouré depuis cinq ans et nous essayons d’appliquer le modèle d’agroforesterie sur une grande partie des terres, c’est-à-dire une culture principale dans laquelle on plante des arbres – de préférence productifs – afin d’obtenir deux cultures simultanées, avec d’énormes avantages pour la biodiversité, la santé du sol et la répartition de l’eau. Ainsi, nous avons planté des rangées d’arbres fruitiers tous les 60 mètres, dans un champ de froment panifiable, ce qui permet de conserver une certaine humidité grâce à l’ombre qui protège aussi d’un soleil trop fort. Sureaux et cornouillers à grands fruits (une sorte de prune rouge acidulée) forment les haies autour des parcelles, quand il ne s’agit pas de cassis et de groseilliers. En saison, les promeneurs peuvent se servir : une façon de rapprocher les gens de la nature. J’ouvre d’ailleurs le domaine le plus souvent possible et huit bénévoles m’aident chaque mardi. Grâce à la diversité de nos activités, nous attirons un public très varié. En plus de la découverte des 32 hectares de bois ou des abords du lac, nous organisons des promenades à thème, des workshops sur la teinture à base de plantes, sur la fabrication de paniers ou des cours de cuisine avec les produits du potager. Nous nous adressons aussi bien aux entreprises qu’aux écoles et aux particuliers puisque nos activités s’adaptent à chacune de ces cibles. Une classe extérieure, une partie du bois et du matériel scolaire sont à disposition des écoles toute l’année. Pratiquement, nous produisons du miel, des bougies avec l’huile de colza recyclée provenant des alentours, des graines que nous récoltons dans le potager, trois recettes de tisanes, mais aussi du jus grâce aux coings, aux cornouillers et aux pommiers haute-tige de nos cultures et de nos trois vergers. En saison, je compose des bouquets avec les fleurs du jardin et je les propose à la vente une fois par semaine.

Isabelle d’Ursel a repris le domaine familial en 2020. © Smissenbroek

Choux et potirons se partagent une parcelle du potager. © Smissenbroek

– Qu’en est-il du potager ?
J’ai souhaité mélanger fleurs et légumes. Je respecte une rotation des cultures qui permet de planter nombre de variétés différentes, rares, anciennes, exotiques ou nouvellement créées. Nous avons choisi des espèces perpétuelles de poireaux, de choux, de brocolis, d’oignons et de fenouils par exemple. Le chou marin et le chou Daubenton s’ajoutent aux asperges. Parmi les fleurs, on compte quantité de dahlias : une façon de rappeler, lors de nos ateliers, qu’ils étaient cultivés pour leur tubercule et que toute la plante est comestible, au même titre que les zinnias, les cosmos, les nigelles et les centaines d’autres fleurs de notre potager. Nous ne vendons pas les légumes, mais ils sont utilisés par les chefs qui viennent ici quand nous organisons des dîners. Cela fait partie de l’expérience que nous proposons : montrer que l’on peut tout faire pousser en Belgique, puisque nous avons des manguiers paw paw, des kakis Fuyu, des grands et des mini-kiwis, comme des dattes chinoises. Chaque année, nous organisons des portes ouvertes, une occasion de partager notre philosophie.

Photo de couverture : Le domaine de Smissenbroek comprend des milieux très variés, une véritable oasis sur laquelle veille Isabelle d’Ursel. © Smissenbroek

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© Calum

Calum

Bonnes adresses

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Uccle

Informations supplémentaires

Domaine

Smissenbroek

Adresse

Oosterzele
9860 Belgium

Journées portes ouvertes

Les samedis 21.06 et 20.09 (La visite du domaine comprend un déjeuner et l’accès à des ateliers pour adultes et enfants)

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